Jeux de lettres

Publié le 13 Avril 2020

Jacques Perry-Salkow, « Anagrammes pour sourire et rêver », Seuil, 2009

Jacques Perry-Salkow, « Anagrammes pour sourire et rêver », Seuil, 2009

Louis le quatorzième, que azur, soleil et moi.

Louis le quatorzième, que azur, soleil et moi.

Le 02.02.2020, évidemment, fut préfacé le plus grand des palindromes, créé par Jacques Perry-Salkow et Frédéric Schmitter au terme de dix-huit ans de labeur. "Sorel Eros" qui va enrichir la bibliothèque de l'IMP, comporte 10 001 caractères, soit presque deux fois plus que le chef-d'oeuvre de Pérec qui n'en avait que 5 466. Jacques Perry-Salkow est un extraordinaire homme de lettres qui les permute avec une virtuosité ébouriffante. Voici une petit florilège de ces pépites. D'abord deux courts palindromes évoquant la dualité onde-particule de la mécanique quantique, garante de notre libre-arbitre :
 
Etre bilatéral, ce duo fou déclare ta liberté !
 
et la mathématique :
 
Sévère, dissuasive, je vis aussi de rêves.
 
Puis de merveilleux anagrammes touchant à la science, à la littérature, la musique, la peinture etc , qui révèlent un sens caché, saisissant de vérité. On commence par l'air du temps (merci Pierre)
 
Chauve-souris, souche à virus.
 
France confinée : enfer, confiance.
 
on continue avec la physique (encore merci Pierre) et le reste
 
Le boson scalaire de Higgs : l'horloge des anges ici-bas.
 
La courbure de l'espace-temps, superbe spectacle de l'amour. 
 
Gravitation universelle, loi vitale régnant sur la vie.
 
La forêt amazonienne, la zone énorme fanait.
 
La madeleine de Proust, la ronde ailée du temps.
 
Rue Verlaine, génial rêveur.
 
Louis Ferdinand Céline, noir dans un ciel de fiel.
 
Valentin Louis Georges Eugène Marcel Proust : Il songe à l’urgence, il songe au temps retrouvé.
 
Salon de Madame Verdurin : Marivauder dans le monde.
 
Les fables de la Fontaine : La fin des nobles à la fête.
 
Alice au pays des merveilles,
Le lièvre au pays des malices
 
Le baiser du soir,
Libido rassurée.
 
Mines antipersonnel : Les tripes en main, non !
 
Vertiges de l’amour,
Vol de marguerites.
 
Centrale nucléaire,
Le cancer et la ruine.
 
Le capitalisme,
Si cela me plaît.
 
La messe de minuit,
Le matin du Messie.
 
La sainte vierge,
Visage inaltéré
 
Cent un moins soixante plus quinze = Cinquante et un plus onze moins six.
 
Le charme masculin : cher animal musclé,
La beauté féminine : une feinte aimable.
 
Les anges de la télé-réalité : L’étalage de telles âneries.
 
Les variations Goldberg : largo, vibrato des lignes.
 
Tristan et Iseult : Triste est la nuit.
 
Le Pierrot lunaire,
Et il pleuvra noir.
 
La danse macabre,
Calme sarabande.
 
La chaise de Glenn Gould,
De l’écho d’un glas génial
 
Le penseur de Rodin,
Perdu en son délire.
 
André Lenotre,
La terre donne.
 
Louis le quatorzième,
Que azur, soleil et moi.
 
Léonard de Vinci : le don divin créa.
 
Albert Einstein : rien n’est établi.
 
Radeau de la méduse, au-delà de la démesure.
 
Aurore Dupin, baronne Dudevant, alias George Sand,
Valsera d’abord au son du piano d’un génie étranger.
 
Sage drapé slave du tutu de valse par Degas.
Sage drapé slave du tutu de valse par Degas.

Sage drapé slave du tutu de valse par Degas.

Les variations Goldberg : largo, vibrato des lignes. La chaise de Glenn Gould, de l’écho d’un glas génial

Le Pierrot lunaire, et il pleuvra noir.

Rédigé par Institut de Mathématiques de Pralognan (IMP)

Publié dans #art, #cabinet de curiosités, #math, #philosophie, #politique, #temps

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